Rue du Silence

Lieu : Maison des étoiles
Localisation : Rue du Silence

 

La Maison des étoiles n’est pas un lieu que beaucoup de Nocturnes fréquentent ; ces derniers se contentent de savoir qu’elle se trouve là, fidèle au poste avec son observatoire caché sous la coupole d’une tour et son jardin envahi d’étranges objets faits de métal. Lorsque vous y entrez, sur la pointe des pieds, vous découvrez des sculptures légères brillant sous la Lune, girouettes et mobiles dansant doucement dans le vent. Après avoir parcouru l’allée qui mène au pied de la tour, vous réalisez que ces sculptures représentent les principales étoiles du Ciel au-dessus de la Cité de Minuit, dont Kāla, celle qui se lève en premier le soir.

Ce n’est pas toujours évident de se repérer dans une seule journée, dans la Cité : le Temps est fluctuant, capricieux, et la nuit perpétuelle. Il faut de nombreuses montres, horloges, instruments, lunettes et calculs afin de savoir exactement quelle heure il est, car ces dernières changent tout le temps selon leur propre logique. En général, les Nocturnes se repèrent en fonction de l’apparition et de la disparition de Kala, et cela leur suffit.

Une fois devant l’entrée de la tour, une énorme porte en bois d’ébène d’un noir d’encre, vous découvrez qu’on a abandonné sur le sol une multitude d’outils, de globes et d’instruments en métal, oneirium ou verre, et vous envisagez d’y jeter un œil afin de voir ce que vous pourriez récupérer pour votre oniromètre. Mais vous devez très vite vous résoudre à accepter que vous n’y connaissiez rien. Alors finalement, vous entrez.

Les outils et instruments abandonnés

Vous arrivez dans une immense pièce circulaire qui semble bien plus grande que la tour. Ses murs au bleu ardoise sont décorés d’une multitude de constellations, des milliers d’étoiles étincelantes comme si vous contempliez le ciel pour de vrai ; sur le sol en marbre sombre, vous apercevez d’étranges gemmes scintillant à la lumière, et des symboles astrologiques dessinés à la peinture dorée.

En revanche, vous ne repérez aucune autre porte. Et vous ignorez où vous rendre. Après quelques secondes, vous hésitez à appeler quelqu’un à voix haute mais un bruit de tissu froissé derrière vous vous en dissuade. Lorsque vous vous retournez, vous tombez nez à nez avec une petite femme aux très longs cheveux noirs et tressés, aux étranges yeux argentés, vêtue d’une robe bleue aux plis vaporeux.

La Première Astronome, la Maîtresse de la Maison des étoiles. Elle vous observe d’un air sévère.

« Eh bien, dit-elle, il ne me semble pas avoir cours aujourd’hui. Que faites-vous ici ? »

Vous lui expliquez en bafouillant ce que vous cherchez, en espérant qu’elle ne vous jette pas dehors. Malgré sa petite stature, son aura autoritaire vous met mal à l’aise, si bien que vous pensez déjà avoir échoué.

Mais lorsque vous avez terminé votre récit, la Première Astronome semble plus surprise que réellement courroucée.

« Vous souhaitez voyager sur l’Atlas, dites-vous ? commente-t-elle. Vous ne manquez pas de courage… Malheureusement pour vous, je me vois dans l’obligation de doucher vos espoirs : vous ne reviendrez jamais de votre expédition. Personne n’en est revenu. »

Impossible pour vous de laisser passer une telle occasion ; vous vous apprêtez à rétorquer à la Première Astronome qu’elle a tort, mais cette dernière vous arrête d’un geste de la main :

« Oh, je vous vois venir, avec vos grands airs innocents. J’en ai rencontrés, moi, des explorateurs téméraires qui, en réalité, ne faisaient que courir après des chimères. Nous savons tous quel mal nous infligent nos rêves… Ils se transforment en obsessions, et nous ne pouvons plus les distinguer de la réalité. Pourquoi cela serait-il différent avec vous ? Avez-vous pensé à tout ? Avez-vous préparé votre aventure comme il se doit ? Avez-vous appris les leçons de ceux qui sont partis avant vous ? Si c’est bien le cas, donnez-moi le nom d’un voyageur *, un seul, et nous verrons si vous avez pris la mesure des dangers qui vous attendent… »

 

* (en caractères minuscules et sans accent)